A PROPOS DU MARIAGE POUR TOUS

Au cours des derniers mois, j’ai eu l’occasion de consulter de nombreux documents sur le sujet du mariage pour tous. Ces documents sont extrêmement divers, tant par les convictions de ceux qui les ont réalisés (ce qui est tout à fait respectable) que par le niveau de considération manifesté à l’égard de ceux qui expriment un point de vue contraire. J’ai pris conscience, à cet égard, du caractère scandaleux de certains propos homophobes. J’ai décidé, pour clarifier mes idées personnelles et participer à ce vaste échange d’idées, de rédiger et diffuser ce petit texte.

Très généralement, je considère qu’avant de formaliser et d’exprimer mon opinion sur un sujet important, il faut que je fasse, sur moi-même, une recherche aussi lucide que possible pour comprendre et montrer les expériences qui m’ont acheminé vers cette opinion. Dans le cas examiné ici, cette démarche m’est assez facile. Je retiens quatre éléments, pour moi majeurs.

  1. Parmi les premiers couples que j’ai fréquentés, étant très jeune enfant, il y avait Fernande, la marraine de mon papa, et la femme avec laquelle elle vivait. Ces deux personnes m’ont toujours semblé partager un amour profond et discret ; j’ai perçu en elles toutes les caractéristiques de confiance mutuelle, d’affection et de fidélité dont on souhaiterait qu’elles irradient tous les couples.
  2. Mon papa et ma maman m’ont parlé de couples homosexuels qui, dans les heures terribles de l’occupation nazie, avaient accueilli des enfants dont les parents avaient été exterminés ou risquaient de l’être. Sans doute en ai-je personnellement rencontré plusieurs, mais j’étais trop jeune pour en garder le souvenir. L’idée qui m’est restée, c’est qu’au moment où un enfant était dans la plus grande détresse et risquait d’être torturé ou assassiné par un pouvoir fou, certains couples homosexuels avaient le même courage et la même générosité que d’autres couples hétérosexuels pour le sauver, l’aider et, s’il le fallait, assumer pleinement son éducation et son entrée dans la vie.
  3. Il y a moins de dix ans, j’ai entendu le témoignage d’un homosexuel dont le compagnon, entre la vie et la mort, venait de subir une opération d’une extrême gravité. Cet homme s’était vu refuser, à l’hôpital, l’entrée de la chambre du malade au motif qu’il ne faisait pas partie de la famille[1]. Cet épisode m’a permis de prendre conscience de la totale inhumanité avec laquelle les couples homosexuels étaient traités dans notre société.
  4. J’ai eu la chance de côtoyer, il y a une quinzaine d’année, une personne, père de trois enfants, qui avait finalement choisi l’option transsexuelle après avoir –me semble-t-il– lutté à l’extrême pour rester dans la normalité. J’ai perçu chez elle beaucoup de souffrance et de courage, ainsi qu’une affection forte et durable pour tous ceux qui avaient partagé les différentes phases de sa vie. Je ressens pour elle un respect et une estime absolus.

Si je confronte ces expériences à ce que j’appelle ma vérité fondamentale –Dieu est amour et nous invite à partager son amour– ou à ce qu’écrit Saint Jean –Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu– l’amour des couples homosexuels me semble participer de l’amour de Dieu au même titre que celui des couples hétérosexuels. Tous sont les temples du Dieu vivant et méritent un respect absolu. Le lien qui les unit est d’une telle force qu’il doit être reconnu par la loi, au plan institutionnel et, bien évidemment, dans toutes les dimensions qui touchent la solidarité et le patrimoine.

Il y a cependant, dans le débat actuel, deux points que j’ai ressentis comme une agression : 1) l’utilisation du mot mariage ; 2) le projet de suppression des mots père, mère, maternel dans certains textes législatifs ou réglementaires, dans certains documents officiels ou dans la désignation de certaines institutions. De nombreuses personnes ont sans doute réagi d’une manière proche de la mienne et j’y vois l’origine de la progression de l’homophobie dont certains médias font état.

Le mot mariage désigne traditionnellement (les dictionnaires en font foi) « l’union légitime d’un homme et d’une femme ». Je fais partie des centaines de millions de personnes dont la vie (au-delà des difficultés plus ou moins grandes que chaque couple peut rencontrer) est structurée par ce concept, par cette institution fondamentale. Pourquoi des personnes qui vivent des choix différents –par ailleurs estimables– sont-elles venues voler un mot qui est le nôtre ? Le terme d’union civile n’était-il pas adapté ? Mais, en poursuivant ma réflexion, j’ai réalisé que l’extension du concept de mariage et de l’institution correspondante à des couples d’homosexuels est un geste d’ouverture de notre société. Tout geste d’ouverture est positif et mérite que chacun fasse un effort pour dépasser ses propres susceptibilités…

Sur le second point, je reste beaucoup plus déterminé. Ma vie, comme celle de milliards de gens aura été structurée par les mots maman, papa, père, mère. Le dessein de certaines personnalités politiques qui entendent nous priver de ces mots magnifiques pour y substituer parent 1, parent 2 ou quelque autre foutaise me scandalise fortement. D’autant que, même dans les couples homosexuels, l’appellation de papa ou maman me semble avoir plus d’avenir que celle de n°1 ou n°2. Là, il ne s’agit plus d’un geste d’ouverture mais d’un geste de négation, la négation d’une des plus grandes richesses qui habite le cœur des femmes et des hommes. Et cela, c’est d’autant plus absurde qu’il suffirait d’ajouter quelques mots dans les textes ou les documents officiels existants[2] pour régler les problèmes des couples homosexuels sans avoir recours à de telles suppressions.

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J’en viens maintenant à la question des enfants. Et, pour commencer, je regrette qu’on ne dise pas simplement des choses simples. La société reconnaît aujourd’hui que la mixité homme-femme est une richesse. Cette mixité est vantée pratiquement partout : dans l’entreprise, dans les activités de loisirs, dans la formation, dans la vie politique… et je m’en réjouis. La proportion de femmes dans les conseils d’administration, dans les assemblées parlementaires etc. est même pour beaucoup un indicateur d’évolution des sociétés[3]. Et, au même moment, on voudrait oublier que cette mixité (cette parité !) homme-femme est aussi une valeur importante dans la famille et dans l’éducation des enfants. Nous sommes en pleine incohérence !

J’ai la conviction que l’homosexualité des parents est un handicap pour les enfants. Mais c’est un handicap parmi une multitude d’autres handicaps possibles et ce n’est pas nécessairement le plus grave : Certains parents sont matériellement trop riches ou trop attachés à l’argent pour donner les meilleures chances d’épanouissement à leurs enfants, d’autres sont trop pauvres pour subvenir correctement à leurs besoins. Certains sont trop intégristes, d’autres ne sont pas assez concernés par la question de Dieu. Certains sont trop rigides ou trop intolérants, d’autres trop laxistes. Certains sont traumatisés par l’expérience ou le risque du chômage, d’autres se laissent submerger par leur travail. Certains ont des enfants dont ils ne voulaient pas ; certains sont violents car ils ont été battus par leurs propres parents ; certains sont porteurs de fragilités génétiques ; certains ont été terrassés par les accidents de la vie ; certains sont immigrés dans un monde qui, au départ, n’était pas le leur ; certains sont trop préoccupés par la réussite scolaire. On pourrait multiplier les exemples.

J’écoutais, il y a quelques jours, le témoignage d’une femme qui participait à une manifestation en faveur du mariage gay. Elle n’était pas lesbienne. Son mari était mort quand leurs enfants étaient très jeunes. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour les élever au mieux. Et elle ne supportait plus d’entendre les défenseurs autoproclamés de nos valeurs et de notre civilisation affirmer que, sans la présence conjointe d’un père et d’une mère, l’éducation conduit très probablement à l’échec. Cette femme savait, plus que tout autre, que l’absence du père est un handicap, mais elle luttait pour en limiter les effets et certains discours la blessaient profondément. Je la comprends et je l’approuve.

Or ce n’est pas parce qu’il y a des handicaps que la société interdit la filiation. Heureusement, l’eugénisme n’est pas considéré comme une valeur. Eduquer ses enfants ou, plus exactement, les aider à entrer en pleine liberté dans leur vie d’homme ou de femme adulte, c’est sans doute l’un des défis les plus difficiles auxquels un être humain peut être confronté. Dans ce domaine –hétéro ou homosexuels– nous sommes tous des handicapés. Alors, pourquoi lancer l’anathème contre telle ou telle minorité ? Mieux vaut vivre en commun notre modestie et nos expériences, nous mettre à l’écoute, nous aider mutuellement à identifier nos handicaps et, si possible, à y porter remède. J’écoutais récemment une jeune femme qui avait été élevée par un couple de lesbiennes ; elle éprouvait, pour ses mères, affection et reconnaissance, mais elle avait beaucoup souffert de n’avoir passé son enfance que dans des milieux d’homosexuelles. Ce témoignage est porteur d’un message fondamental ; ouvrir nos enfants à la diversité est un des objectifs majeurs de l’éducation. Attaquons-nous à ce problème avant de critiquer ceux qui, dans le domaine sexuel ou dans tout autre domaine, n’ont pas les mêmes affinités, les mêmes préférences ou les mêmes contraintes que nous.

Sans nier les handicaps auxquels les uns et les autres peuvent être confrontés, notre société doit oser faire confiance à l’amour du couple, que ce couple soit homo ou hétérosexuel, pour accueillir l’enfant, l’épanouir et lui ouvrir les portes de la vie d’adulte. Et elle doit donner à chaque conjoint de ce couple la possibilité d’exercer l’autorité parentale.

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Avant d’évoquer l’éducation des enfants par des couples homosexuels, il eût été logique de réfléchir à leur entrée dans ces familles. C’est la question que j’aborderai maintenant, considérant : 1) l’adoption ; 2) la procréation médicalement assistée (PMA) ; 3) la gestation pour autrui (GPA).

Je suis favorable à l’adoption. Je considère –je le redis– que l’homosexualité des parents est un handicap pour l’enfant, mais ce n’est qu’un handicap parmi beaucoup d’autres possibles [4]. C’est dans cet esprit qu’il conviendrait de traiter les dossiers d’adoption. On ne peut que faire confiance aux organismes et aux personnes qui en sont chargés et souhaiter que la société leur donne les éléments utiles pour éclairer leurs prises de décisions en tenant compte sans a priori de l’intérêt supérieur des enfants. Cependant, le développement de circuits d’adoption (qui résultera des aspirations des couples homosexuels) comporte un risque dont notre société doit prendre conscience : leur infiltration par des réseaux criminels. L’affaire de l’Arche de Zoé nous en a donné récemment l’illustration (même s’il m’est difficile d’identifier, dans ce circuit, le point où s’arrêtait la naïveté des bénévoles et où commençaient les manigances des criminels).

Je suis favorable à la PMA pour les couples de lesbiennes. Chacune des femmes concernées peut être mère après avoir vécu pleinement sa période de gestation. Il faut, bien sûr, se préparer à dire la vérité à l’enfant, le moment venu (sachant que nul ne peut prévoir quand le moment viendra !). Il y a cependant un risque de marchandisation qui se concrétise déjà dans de nombreux pays. Ainsi, aux Etats-Unis, une femme peut choisir le géniteur rémunéré de son futur bébé à partir d’une photo (craquante, bien sûr) censée représenter le mâle candidat lorsqu’il était enfant… Des photos de ce genre sont rassemblées dans des catalogues. Je souhaiterais personnellement que la France autorise la PMA tout en luttant contre cette marchandisation, c’est-à-dire en posant le principe que le don de sperme, comme le don de sang, est un acte bénévole et anonyme, et en mettant en place les dispositifs correspondants.

Pour les couples d’hommes, en revanche, la situation me semble inextricable. Personnellement, je suis très opposé à la GPA. L’idée qu’une femme porte un bébé pendant neuf mois et soit ensuite contractuellement obligée de s’en séparer pour satisfaire deux personnes qui veulent un enfant sans se soumettre aux lois naturelles m’est insupportable. Il faut d’ailleurs s’interroger sur les motivations possibles d’une mère-porteuse :

  • L’appât du gain ? Dans ce cas, l’enfant est considéré comme une simple marchandise.
  • Les menaces ou les pressions de tel ou tel réseau criminel, agissant sans doute par personnes interposées ? C’est une cause vraisemblable.
  • La pauvreté, si la vente d’un nouvel enfant permet de nourrir ceux qui le précèdent ? Il serait étonnant que cette cause se manifeste indépendamment de la précédente ; nous connaissons tous l’habileté des réseaux criminels pour exploiter la détresse des femmes et des hommes.

La GPA débouche inéluctablement [5] sur la marchandisation de l’être humain et offre une nouvelle aubaine aux réseaux criminels. Cette pratique est d’ailleurs contraire à la loi française et je m’étonne qu’une circulaire ministérielle récente facilite l’attribution de la nationalité française à l’enfant sans prévoir des sanctions sévères à l’encontre du délinquant qui, par cette voie frauduleuse, prétend à la paternité.

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J’ai le sentiment, après avoir consacré quelques jours de réflexion à des problèmes aussi difficiles et fondamentaux, d’exprimer mes convictions de manière insuffisamment nuancée. Que ceux qui ne partagent pas mon point de vue veuillent bien m’en excuser… Dans le même ordre d’idées, je ne puis m’empêcher de critiquer une grave dérive de certains politiciens. Quand j’entends des députés affirmer que, le mariage pour tous ayant été inscrit dans les promesses électorales du Président de la République, les parlementaires de la majorité auront le devoir de voter en faveur du ou des textes qui seront proposés par le gouvernement, je suis révolté.

  • Une personnalité peut fort bien soutenir un candidat sans adhérer à la totalité de son programme.
  • On peut approuver le mariage pour tous sans être nécessairement d’accord avec les dispositions qui seront proposées (et qu’on ne connaît pas encore) en matière d’adoption, de PMA ou de GPA.

Face à des questions aussi complexes et qui nous touchent au plus profond de nous-mêmes, la liberté de conscience et de choix doit être totalement respectée. Imposer telle prise de position au nom de l’appartenance à un parti traduit une conception totalitaire indigne d’une démocratie.

En résumé :

  1. Qu’ils soient hétéro ou homosexuels, les couples fondent leur raison d’être et leur grandeur sur l’amour qui les unit. De ce fait, les sociétés et les lois doivent leur réserver une place éminente. Les croyants noteront d’ailleurs que cet amour est une des manifestations les plus hautes du dessein de Dieu sur l’homme.
  2. Dans un premier temps, le concept de mariage pour tous m’a profondément heurté. J’ai ressenti comme une agression le fait que le terme de « mariage (= union légitime d’un homme et d’une femme) » ait été volé par des personnes qui ont choisi une autre voie. Puis, au fur et à mesure que je réfléchissais, l’extension du concept de mariage à des couples d’homosexuels m’est apparue comme un geste d’ouverture de notre société. Tout geste d’ouverture mérite que chacun fasse un effort pour dépasser ses propres susceptibilités…
  3. L’hypothèse de suppression, dans des textes législatifs, dans des documents officiels ou dans la désignation de certaines institutions, des mots de père et de mère me semble relever de la perversion ou de la bêtise. Il existe des moyens simples d’adapter la loi à la juste reconnaissance des couples homosexuels sans blesser gravement l’immense majorité des êtres humains pour lesquels les mots de père et de mère ont un sens et une portée affective extrêmement profonds.
  4. Je suis favorable à ce que des couples homosexuels puissent adopter des enfants. Je considère que l’homosexualité des parents est un handicap pour l’enfant. Mais c’est un handicap parmi une multitude d’autres possibles et il est vraisemblable que ce n’est pas le plus grave.
  5. Je ne vois aucune objection à ce qu’une femme unie à une autre femme porte un enfant (surtout via la PMA). Bien entendu, la loi doit permettre aux mères de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que les questions de filiation et d’autorité parentale soient correctement traitées.
  6. Je suis opposé à la GPA. Je ne puis pas admettre que, pour une contrepartie financière, une femme soit séparée de l’enfant qu’elle a porté pendant neuf mois.

Au-delà de ces considérations existe le risque que l’adoption et la PMA [6] débouchent sur une marchandisation croissante du corps humain, de l’être humain, et sur l’ouverture des réseaux criminels à des nouvelles activités. Ce danger est réel ; mais il ne justifie pas, à mon avis, que l’on prive les couples homosexuels de donner libre cours à l’amour qui les unit et de le transmettre à des enfants.

Il n’est pas étonnant que la réflexion sur un sujet de société aussi important que le mariage pour tous renvoie à deux des pires cancers qui détruisent notre monde :

  • La marchandisation du corps. C’est la conséquence inéluctable et multiforme de l’importance que nous accordons à l’argent. Le débat actuel et les dispositifs légaux et réglementaires qui en résulteront ne pourraient-ils pas être l’occasion de rappeler que l’enfant n’est pas une marchandise qu’on achète ou qu’on vend ? Les processus qui conduisent à l’adoption et à la PMA (notamment la fourniture du sperme) doivent reposer sur le don anonyme, la gratuité et l’amour, et ne comporter aucune transaction financière [7]. Toute transgression de ce principe doit être sévèrement punie par la loi. Si nous parvenons à ce résultat, nous pourrons, pour une fois, tirer une réelle fierté de l’exception française.
  • La montée en puissance des réseaux criminels. J’y vois aujourd’hui un sujet d’inquiétude majeur et (compte tenu de l’appauvrissement et de la démission des Etats, et du « court-termisme » de la vision des acteurs privés) je n’exclus pas que, dans la seconde partie du siècle, ces réseaux prennent le véritable contrôle de nos sociétés. Le débat sur le mariage pour tous ne nous ouvrira aucune piste pour lutter contre ce fléau largement sous-estimé. Aussi, pour terminer sur un ton moins grave, je formulerai ce souhait plein de bon sens : Que les forces de police et de gendarmerie des pays développés économisent les moyens qu’elles consacrent au harcèlement des honnêtes gens pour intensifier leur combat contre le crime organisé !

[1] Si ce fait m’a marqué, c’est peut-être parce qu’il se situait au moment où mon beau-père était à l’hôpital, dans un état critique, et où plusieurs membres de notre famille essayaient de se relayer auprès de lui pour lui exprimer directement leur affection.

[2] « Rayer les mentions inutiles » est une procédure pratique qu’on trouve dans tous les formulaires administratifs sans que quiconque s’en offusque !

[3] On peut d’ailleurs remarquer que le fait que l’église catholique réserve la prêtrise à des hommes auxquels elle impose le célibat est considéré par beaucoup –et c’est mon cas, bien que je sois un catholique pratiquant– comme un parfait exemple de conservatisme et d’obscurantisme. Ceci étant, le choix individuel (et non pas imposé par l’institution) d’un prêtre qui considèrerait que le célibat lui est nécessaire pour exercer au mieux son ministère me paraîtrait totalement estimable.

[4] J’ai cité précédemment des exemples de handicaps que je qualifierais de préexistants. Mais il ne faut pas oublier les conséquences, pour les enfants, de la mésentente ou de la séparation des parents ni les risques inhérents à la recomposition des familles. Mieux vaut sans doute être élevé par des homosexuels aimants et unis que par des hétéros qui se déchirent. Notre société, qui banalise de plus en plus la séparation et le divorce, devrait davantage prendre en compte cet aspect dans les débats qu’elle suscite.

[5] A une exception près : le cas d’une femme qui porterait un enfant pour un couple stérile ou homosexuel qui lui est très proche. Ce cas pose cependant des problèmes de filiation et de statut juridique qui me semblent extrêmement complexes et sur lesquels je n’ai aucune compétence.

[6] comme, évidemment, la GPA

[7] hormis, bien évidemment, quelques rares exceptions, comme la juste rémunération des actes médicaux ou l’intervention des représentants de l’Etat dans l’examen des dossiers d’adoption.

Claude Liévens

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