13ème Forum mondial du développement durable

La lutte contre le réchauffement climatique, facteur de division ou force motrice d’un nouvel ordre mondial ?

Session 2 : Stratégies d’acteurs nationaux et régionaux

INTERVENTION DE M. MARK GINSBERG

Senior Fellow at the US Green Building Council, Principal of Ginsberg Green Strategies

Dans cet immense défi que le monde affronte face au changement climatique, nous sommes à un moment important du fait, en particulier, de la préparation de la COP 21. Je suis donc particulièrement heureux de participer aujourd’hui à ce forum.

Sans doute orienté par la culture de ma famille, qui visait à rendre le monde meilleur, j’ai longtemps travaillé au Department of energy (DOE) des Etats-Unis et, à ce titre, j’ai recherché des solutions au problème du réchauffement climatique, notamment par des économies d’énergie dans mon pays et au niveau mondial.

Maintenant, j’ai la chance de travailler pour l’USGBC (US Green Building Council), organisation non-gouvernementale créée il y a plus de vingt ans pour faire évoluer les méthodes de construction et de gestion des bâtiments, afin de les rendre plus écologiques et plus efficaces. Au cours de ces vingt années, nous avons notamment développé un système de notation appelé LEED (Leadership in Energy Environmental Design) qui est fondé sur une approche globale de développement durable et qui est maintenant utilisé dans plus de 170 pays, pour un ensemble d’immeubles représentant plus d’un milliard de m2.

Aujourd’hui, les bâtiments sont responsables de plus d’un tiers des émissions de carbone dans l’atmosphère. Pourtant, il y a des solutions simples pour rendre les bâtiments plus efficaces en matière d’énergie : meilleure isolation, meilleur traitement des parois vitrées et des murs, amélioration de l’éclairage etc. Parallèlement, une utilisation judicieuse de l’énergie éolienne et de l’énergie solaire peut rendre les villes plus opérationnelles et plus économes. On peut raisonnablement penser que les bâtiments à énergie positive se développeront au fur et à mesure que seront mises en œuvre des politiques efficaces et des technologies appropriées.

L’enjeu est particulièrement important à un moment où, plus de la moitié de la population mondiale vivant déjà dans des villes, la concentration urbaine ne fait que s’accroître. Nous devons donc, dans un véritable esprit de partenariat, aider les villes à trouver les meilleures solutions pour économiser l’énergie. C’est dans cet esprit que je travaille depuis dix ans avec le DOE et l’USGBC et que j’ai noué des relations, notamment avec la Chine et l’Inde.

Avec la Chine, les Etats-Unis ont développé des partenariats stratégiques au plus haut niveau, dont un sur les EcoCités, que j’avais eu l’honneur de négocier et qui fait partie du Dialogue économique stratégique entre les présidents des deux pays. Ce partenariat couvre :

  • diverses activités relatives à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables ;
  • la mise en place de lignes directrices et d’indicateurs de progrès permettant de justifier l’appellation d’EcoCité ou de ville verte ou de low-carbon city ;
  • la création de sept projets pilotes dans des villes chinoises sélectionnées par le Ministère du développement rural et du logement urbain. Il s’agit d’aider ces villes dans la conception et la réalisation technologique d’EcoCités, afin qu’elles deviennent des modèles en ce domaine.

Par exemple, la ville de Hefei a choisi un quartier-pilote et sélectionné Wanda comme principal développeur. Le groupe chinois Wanda (Monde de l’immobilier d’entreprise) est un membre de l’USGBC ; il a l’ambition de devenir un leader dans le domaine des bâtiments verts. Pour l’évaluation, il est prévu d’utiliser le système LEED, version 4.

En Inde, l’Institut de l’énergie et des ressources (TERI) et l’USGBC se sont associés pour promouvoir dans le contexte local les meilleures pratiques de conception, de construction et d’exploitation des bâtiments de haute performance. Le système Griha (note verte pour l’évaluation intégrée de l’habitat) a permis de développer des mécanismes technologiquement avancés qui faciliteront la régionalisation de LEED en Inde et dans l’Asie du Sud-Est.

J’ai la conviction que de nombreuses villes, en Chine et ailleurs, peuvent devenir exemplaires dans la démarche écologique et la mise en application des principes d’économie d’énergie. Comme les situations rencontrées sont très variables, ces villes ont intérêt à s’appuyer sur des partenaires disposant d’une expérience vaste et diversifiée. A cet égard, je suis convaincu qu’il est souhaitable et possible, dans un contexte de coopération internationale, de développer des partenariats entre les gouvernements, les acteurs privés et certaines ONG. Nous contribuerons ainsi à résoudre le plus difficile des problèmes auxquels notre génération se trouve confrontée.

Consulter l’article de synthèse : Les acteurs nationaux et régionaux face au réchauffement climatique.

Consulter : Intervention de Michel Derdevet

 Consulter : Intervention de M. Julian Hadas

Consulter : Intervention de M. Feng Jiang

Consulter : Intervention de Mme Anne Guichard

Consulter : Intervention de M. Achilles Zaluar

Consulter : Intervention de M. Didier Hamon

Consulter : Intervention de M. Denis Simonneau

Consulter : Eléments de débat