FORUM MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE, 2016

 

LE RISQUE DANS UNE SOCIETE LIBRE

 

Session n° 3 : LA SECURITE, COMPOSANTE D’UNE STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT DURABLE

 

SECURITE ET DEVELOPPEMENT DURABLE

 

Risques nouveaux et principe de précaution

 

Les catastrophes naturelles sont parfois d’une ampleur considérable : le tsunami d’Indonésie a fait 250 000 morts, la grippe espagnole 50 à 100 millions de victimes et la peste noire à peu près 30 millions ; une météorite pourrait s’écraser sur la terre etc. Cependant, acteurs du développement durable, nous mettrons particulièrement l’accent sur les risques que l’humanité fait courir à elle-même. Citons d’abord les risques de guerre, que beaucoup d’entre nous, habitués à la paix, ont tendance à oublier ; il faut rappeler que les deux guerres mondiales ont fait respectivement 19 et 60 millions de morts et, si les conflits actuels sont loin d’atteindre de tels chiffres, ils n’engendrent qu’atrocités et malheurs.

 

Intermédiaire entre les risques naturels et les risques d’origine anthropique, il convient de citer le risque de pénurie d’eau qui peut avoir des conséquences catastrophiques. Aujourd’hui, un habitant de la planète sur cinq n’a pas accès à l’eau potable et l’eau douce deviendra une ressource de plus en plus rare. Elle est très inégalement répartie ; les zones arides, qui représentent 40 % des terres émergées, ne disposent que de 2 % du total de l’eau douce. Les membres d’une famille vivant dans des régions arides d’Afrique disposent de 10 à 40 litres d’eau par personne et par jour, alors que les habitants des villes d’Europe ou d’Amérique du Nord en consomment de 300 à 600 litres.

 

L’évolution prévisible de ce risque dépend essentiellement :

 

  • de l’accroissement de la population mondiale : au besoin direct d’eau potable s’ajoute le fait que l’agriculture doit avoir recours à l’irrigation intensive pour satisfaire les besoins alimentaires ; au niveau mondial, l’irrigation représente environ 70 % de la consommation d’eau douce et, dans les zones arides, ce taux peut atteindre 90 % ;
  • du développement des mégapoles dans les pays les plus pauvres ;
  • du gaspillage ; s’y ajoutent les fuites (jusqu’à 50% dans les pays en développement) et les pertes (jusqu’à 40% dans l’irrigation intensive) ;
  • de la pollution : l’eau de drainage provenant de l’irrigation contient des engrais et des pesticides, et l’industrie restitue aux fleuves et aux lacs une eau souvent contaminée ; en Europe, la couche supérieure de l’aquifère serait presque condamnée du fait de la concentration en nitrates et en phosphates ;
  • du changement climatique : avec des hypothèses plutôt optimistes, il peut entraîner dans les zones arides une baisse de 10 % des précipitations et une réduction de 40 à 70 % de la masse des eaux lacustres et fluviales.

 

Heureusement, même en dehors de la réduction du taux de natalité, on peut trouver des solutions pour lutter contre la pénurie d’eau, à commencer par le dessalement des eaux saumâtres, domaine dans lequel les biotechnologies offrent des possibilités intéressantes. Mais il est indispensable d’avoir une vision d’ensemble de la situation pour lancer un programme qui sera très coûteux et qui s’étendra sur une longue durée. Il n’y a pas de temps à perdre. Plus modestement, des actions ponctuelles peuvent être menées dans les domaines suivants : réduction des pertes (réparation des fuites et remplacement de l’irrigation intensive par l’irrigation goutte à goutte), collecte de l’eau de pluie, orientation directe des eaux usées vers l’usage industriel, campagnes de formation.

 

Plus ou moins récemment, de nombreux risques liés à la technologie ont fait l’objet  d’une large prise de conscience, suscitant parfois des craintes excessives. Mais d’autres ne sensibilisent que des cercles relativement restreints ; citons, à titre d’exemple,  les risques entraînés par l’exploitation intensive des terres rares, qui sont largement utilisées dans les smartphones, les éoliennes, les batteries de voitures etc.

 

Tel est le contexte dans lequel s’enracine le principe de précaution. A l’origine, ce devait être un principe d’action imposant de faire les efforts nécessaires pour lever les doutes et, dans cette attente, de prendre les mesures raisonnables pour parer à d’éventuels dommages. Mais, dans la pratique, ce principe est souvent devenu un frein à l’action, voire un prétexte à l’inaction. Et on oublie trop souvent que l’absence d’action est une décision implicite qui entraîne aussi des risques.

 

Deux autres grands principes ont été largement évoqués au cours des dernières années :

 

  • le principe pollueur-payeur, qui stipule que tout responsable d’activité doit supporter les coûts des mesures nécessaires pour prévenir et réparer la pollution résultant de cette activité ;
  • le principe de participation, qui exige que le corps social soit pleinement associé à l’élaboration des projets et des décisions ayant une incidence sur l’environnement ; l’application n’en est gère facile ; ainsi, l’organisation de débats publics se heurte toujours à une difficulté qu’on pourrait ainsi caricaturer : seule une faible minorité des gens qui sont favorables se déplace, alors que  les opposants viennent massivement, mais refusent de débattre parce qu’ils sont contre a priori.

 

Perception et maîtrise des risques

 

Le risque zéro n’existe pas. Oublier cette évidence, c’est adopter la politique de l’autruche ; on ne peut pas maîtriser ce qu’on veut ignorer. Mais percevoir un risque à son juste niveau n’est pas une démarche aisée. Prenons un exemple particulièrement préoccupant aujourd’hui. Au cours des cinquante dernières années, le charbon a causé environ 50 millions de victimes ; le nucléaire entre 5 000 et 100 000, selon qu’on retient les chiffres des Nations-Unis ou ceux des ONG antinucléaires. Le nucléaire produit des déchets, certes, mais le charbon produit du gaz carbonique, largement responsable du réchauffement climatique, et des poussières nocives pour la santé. Pourtant, il y a beaucoup plus de véhémence antinucléaire que de véhémence anti charbon !

 

Dans une démocratie, il est nécessaire de s’interroger sur la manière dont les citoyens perçoivent les risques. D’une certaine manière, on est passé d’une société industrielle de pénurie à une société de consommation, puis à une société du risque, en raison notamment des nuisances liées à la production, Le progrès industriel n’est plus assimilé au progrès social ; il est même devenu un problème qui oppose souvent les défenseurs de l’emploi à ceux de l’avenir de la planète. Mais il se pourrait aussi que la peur du risque soit un luxe de riches. Quand on subvient à peine à ses besoins fondamentaux, on fait passer les nuisances au second plan, comme le faisait la Chine il y a quelques années. Et, même dans les pays les plus développés, les dirigeants peuvent être si obnubilés par la croissance économique qu’ils sont prêts à y sacrifier toute autre préoccupation ; ainsi, dès que les lumières de la COP 21 se sont éteintes, le congrès américain s’est empressé de démentir les engagements pris par l’administration Obama.

 

Les opinions sont très méfiantes vis-à-vis de l’information qu’elles reçoivent sur les risques. Elles ne croient plus les experts qui font entendre leurs voix ; dans le passé, ils ont fait des graves erreurs de diagnostic et leur image a été salie par des conflits d’intérêts, certains étant liés aux industriels dont ils défendaient les produits. Les médias jouent sur l’émotion, les réactions immédiates et le court terme qui ne permettent pas de faire des analyses lucides en matière de sécurité ; parfois même, les gens ont l’impression d’être manipulés. Ce sentiment les pousse vers internet qui permet à chacun d’accéder en quelques clics à des quantités considérables d’informations (sans donner de véritable garantie sur les compétences sous-jacentes). Chacun se forge sa propre conviction, inévitablement influencé par ce qui lui convient en son for intérieur, par les feux de l’actualité et par les partages auxquels l’incitent les réseaux sociaux. Il n’y a plus de vérité scientifique qui s’impose ; il n’y a que des vérités conjoncturelles, des hypothèses qui dominent à un certain moment et qui, peut-être, seront balayées lorsqu’apparaîtra une nouvelle mode. Dans ce contexte, il est très difficile de faire prendre conscience à l’opinion de ce que sont réellement les risques.

 

Parallèlement, la confiance en l’avenir, en notre capacité de gérer collectivement les risques, s’étiole. Les Français sont particulièrement méfiants, même s’ils montrent une assez bonne résilience face à des événements graves. Et, pour eux, c’est le risque du chômage qui constitue la  crainte dominante. Pourtant, nous vivons une période fondatrice dans la maîtrise des risques. Il y a eu des échecs notoires (Seveso, Bhopal, l’Amoco Cadiz, Fukushima…), mais les leçons en ont été tirées pour faire face aujourd’hui aux dangers correspondants. Il y a eu des crises difficiles à maîtriser, avec un retour d’expérience insuffisant, comme la vache folle ou l’amiante. Il y a eu aussi des vrais succès comme le smog, les pluies acides ou la couche d’ozone. Globalement, les résultats sont favorables, comme en témoigne l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

 

Ce succès est lié aux progrès scientifiques et techniques, notamment dans le domaine médical, mais il faut souligner aussi les efforts réalisés en matière de méthodologie :

 

  • généralisation des méthodes d’analyse de sécurité des systèmes,
  • développement important de la modélisation et de la simulation,
  • séparation des rôles d’évaluation et de décision,
  • accès plus facile à l’information et souci de transparence,
  • généralisation de la démarche qualité et de ses corollaires (normalisation, certification, standardisation),
  • amélioration de la fiabilité dans un contexte de meilleure maîtrise des coûts,
  • développement des exercices de sécurité « participatifs ».

 

Pour poursuivre ces progrès, nous insisterons sur deux points :

 

  1. Dans les systèmes actuellement réalisés, il y a une interpénétration croissante de techniques diversifiées, dont la complexité augmente, tant en elles-mêmes que par leurs interconnexions avec les écosystèmes. Il est très difficile de former des bons généralistes, mais nous en avons de plus en plus besoin pour construire la sécurité. Comment constituer des réseaux de compétences suffisamment robustes ? Comment faire en sorte que, malgré les autres priorités, le métier de la gestion des risques reste attractif au sein des entreprises, des organismes publics et des organisations internationales ?
  2. Le facteur humain est essentiel car c’est très souvent dans l’interface entre l’humain et la machine que naissent les désastres. On peut évoquer la catastrophe de Tchernobyl, qui est due à plusieurs grosses lacunes en matière de sécurité, mais dont le fait déclencheur fut la décision absurde, prise par le responsable d’exploitation, de faire un essai qui était connu pour sa dangerosité et qui n’aurait jamais dû être réalisé en exploitation.

 

Prenons un autre exemple dans le domaine de l’aviation civile. Dans les années 1970, les avions de ligne étaient pilotés par un équipage à trois. Et les progrès techniques, en réduisant la charge de travail, ont permis de passer à l’équipage à deux. L’inquiétude des spécialistes de la sécurité était alors la suivante : Que se passe-t-il lorsque l’un des deux membres (pilote ou copilote) quitte son siège ? Tout repose alors sur l’état physique et mental de la personne restant seule aux commandes, ce qui est inacceptable compte tenu des niveaux de sécurité visés, quelles que puissent être par ailleurs les méthodes de sélection, de formation et de contrôle des personnels navigants. Il faut au moins assurer que la personne qui quitte son siège peut le regagner rapidement en cas de besoin. Mais cette exigence est perdue de vue quand, après les attentats du 11 septembre 2001, on met en place un système de verrouillage qui permet notamment à celui qui reste aux commandes d’empêcher quiconque d’entrer dans le cockpit. Et on aboutit à la catastrophe de l’Airbus de Germanwings, le 24 mars 2015,

 

Le climat et l’énergie

 

Le changement climatique est un risque global, qui concerne l’humanité toute entière et qui, pour la première fois, va peut-être lui donner le sens de son unité. Dans ce domaine, nous avons la chance de bénéficier du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Celui-ci a été créé pour dépasser toutes les rumeurs, toutes les difficultés de communication et pour éviter les polémiques. Il est chargé de compiler les données scientifiques et il produit un rapport tous les quatre ans. Il a largement facilité l’accord de Paris selon lequel, dans la seconde moitié du siècle, il ne doit y avoir aucune émission d’origine anthropique qui ne soit compensée par un puits. Zéro émission pour la seconde moitié du siècle ! Tout le monde est averti de l’objectif, tous les gouvernements, toutes les entreprises, tous les investisseurs. L’humanité a pris conscience qu’elle pouvait se rassembler pour combattre un risque terrible

 

Le réchauffement, même s’il est maintenu au seuil de 2°, aura des conséquences importantes dans de nombreux domaines, mais beaucoup d’entre elles pourront être maîtrisés si elles sont anticipées et si la communauté internationale accepte de supporter le coût des mesures qui s’imposent. Evoquons par exemple les conséquences sanitaires. Les climats intertropicaux sont poussés vers les zones tempérées, avec leurs écosystèmes et leurs bactéries. Des maladies jusque-là réservées aux tropiques (paludisme, fièvre jaune, certaines maladies virales) arrivent vers les climats méridionaux. Devra-t-on demain vacciner tout le monde dans les grandes mégapoles ? L’urgence, c’est d’imaginer comment devra être organisée la santé publique en 2030-2050 et comment s’adaptera l’industrie du médicament. Mais il y aura aussi un risque génétique si la nécessité de s’adapter au climat donne un argument supplémentaire en faveur de la modification du génome des embryons humains.

 

En matière d’énergie, les risques sont nombreux et on pourrait penser que le développement durable n’en engendre pas de nouveaux. Mais ce n’est pas le cas car les mouvements écologistes, passés sous l’emprise d’antinucléaires fanatiques, orientent nos dirigeants vers une sortie prématurée du nucléaire. Une précipitation excessive ne manquerait pas d’entraîner de graves effets pervers :

 

  • Réchauffement climatique : Quand, aux Etats-Unis, le gaz de schiste remplace le charbon pour la production d’électricité, c’est excellent pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ; mais si le charbon américain vient en Europe pour remplacer le nucléaire ou le gaz, c’est catastrophique.
  • Perte de compétences techniques et industrielles dans un domaine qu’il faudra bien conserver pendant un temps suffisant si on veut éviter les ruptures d’approvisionnement en électricité.
  • Dépréciation des actifs dans le domaine nucléaire qui, s’ajoutant à la dépréciation des actifs charbonniers et pétroliers, peut contribuer à l’éclatement d’une nouvelle crise financière à grande échelle.

Prise de décision et régulation

 

Les entreprises ne sont pas à égalité face au risque. Mais, dans tous les cas, l’entrepreneur joue un rôle essentiel car il incarne le pari de l’innovation ; c’est lui qui prend des risques pour lancer des produits nouveaux, pour adopter des techniques innovantes, pour élargir les débouchés. Afin de maîtriser ces risques, il doit faire des études de marchés et recourir à la veille stratégique, cette dernière permettant notamment de prendre en compte l’environnement financier et politique.

 

A partir des années 1970-1980, la mondialisation a totalement misé sur le marché pour jouer le rôle de régulateur et réduire les risques. Le marché est devenu le fondement de la nouvelle pensée unique. Mais les marchés sont devenus fous car ils ne sont pas contrôlés au plan mondial. Que pouvons-nous faire aujourd’hui, dans notre pays, pour améliorer cette situation ?

 

  • Avoir recours à des lois de programmation pour optimiser l’action dans la durée ; cette démarche, bien adaptée à certains domaines (défense, enseignement, recherche, santé) exige un consensus politique suffisant.
  • Conserver notre savoir-faire dans les domaines d’excellence menacés par la concurrence.
  • Promouvoir un état de droit international pour limiter les risques contractuels et se libérer de l’impérialisme de certains pays.

 

Lorsque les risques liés à une évolution technologique peuvent avoir des conséquences à très grande échelle, il appartient aux Etats de fixer les limites ou de prendre les précautions nécessaires. Ces mesures peuvent avoir des conséquences politiques et commerciales importantes au plan international, de telle sorte qu’une régulation mondiale doit parfois être envisagée. Quel que soit le domaine considéré, les Etats ont souvent la responsabilité d’arbitrer entre plusieurs risques : pour éviter un risque majeur, il faut prendre un risque moindre. On l’observe dans notre pays avec les débats sur la loi travail : on affirme souvent que le risque de la précarité est plus supportable que le risque du chômage. Malheureusement, ni l’un ni l’autre ne sont faciles à maîtriser. Dans le domaine de l’énergie, le risque du nucléaire est moins grave que celui du changement climatique. Il est possible que, dans 50 ans, nos descendants, confrontés à un climat totalement déréglé, entraînant des catastrophes, des conflits, des déplacements de populations considérables, disent en parlant de nous : « Ils disposaient d’une technique qui permettait de produire beaucoup d’électricité sans émettre de gaz carbonique et qui pouvait donc éviter ce réchauffement climatique. Ils ont tout fait pour la faire échouer. »

 

Il ne faut pas se cacher cependant que la régulation par l’Etat peut avoir des effets pervers générateurs de risques importants. Prenons l’exemple des énergies renouvelables. Celles-ci sont payées hors marché et font baisser les prix du marché normal. C’est une des raisons pour lesquelles le prix de l’électricité est passé en peu de temps de 60 € à 25 € le MWh. A ce tarif, il est impossible d’investir, ce qui peut à terme entraîner une obsolescence excessive des installations et des défaillances graves. Simultanément apparaît un risque de dépréciation des valeurs boursières des sociétés du secteur énergétique, dépréciation qui pourrait mettre en péril certaines d’entre elles.

 

D’une manière très générale, une régulation par une autorité supérieure est nécessaire lorsque les personnes qui supportent le risque ne sont pas celles qui profitent du bénéfice attendu. A titre d’exemple, on peut se tourner vers le domaine financier en considérant certains instruments utilisés pour intervenir sur les marchés. Si on effectue quelques simulations, point n’est besoin d’être très imaginatif pour trouver le scénario qui déclenchera la catastrophe. Mais ces exercices sont mal acceptés par les financiers parce qu’ils ne permettent pas de prévoir le moment où la catastrophe se produira. Il n’y a pas de problème pour prévoir les bulles, mais il est impossible de dire quand elles éclateront. On imagine facilement ce qu’il en serait, par exemple, de la sécurité du transport aérien si les parties prenantes de ce secteur avaient adopté une attitude analogue ! Le fond du problème posé par la finance, c’est qu’au moment où explose la crise monétaire et économique tous les citoyens sont touchés ; mais ceux qui auparavant avaient utilisé ces instruments pour s’enrichir (et qui portent une part de responsabilité dans le désastre) conservent leurs bénéfices. Dans de telles circonstances, la régulation par la puissance publique est nécessaire : mais comment la concrétiser aujourd’hui dans un domaine aussi mondialisé que celui de la finance ?

 

En conclusion, nous proposerons six orientations :

 

  • Traiter les questions de sécurité à partir d’une appréciation d’ensemble des risques réellement encourus en inscrivant les actions dans la durée ; éviter les effets de mode ; actualiser les actions prévues au fur et à mesure que les risques sont mieux connus.
  • Interpréter le principe de précaution comme une obligation de prévenir les éventuels dommages et non comme un prétexte à l’inaction.
  • Favoriser la formation de généralistes capables de maîtriser l’interpénétration des techniques et leurs interconnexions avec les écosystèmes.
  • Mieux prendre en compte les facteurs humains dans l’étude des scénarios d’accidents.
  • Etendre la transition énergétique sur une durés suffisante en s’interdisant toute augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
  • Mettre en place une régulation au niveau international :
    • lorsque les risques liés à une évolution technologique peuvent avoir des conséquences à très grande échelle ;
    • lorsque la régulation par le marché se révèle inefficace ou trop risquée ; c’est notamment le cas des marchés financiers.

 

Il faut notamment prévoir un dispositif qui permette une juste appréciation des risques encourus ; à cet égard, on peut s’inspirer de l’exemple du GIEC.

Claude Liévens

 Consulter :  Introduction de Jean-Pierre Hauet

Consulter : Intervention de Brice Lalonde

Consulter : Intervention du Professeur Jacques Milliez

Consulter : Intervention de Jean-Jack Moreau

Consulter : Intervention de Jacques Percebois

Consulter : Intervention de Philippe Vesseron

Consulter : Intervention de Claude Liévens

Consulter : Débat avec la salle

 

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