L’Iran touche au cœur même des intérêts des grandes puissances. D’une part, c’est une plaque tournante idéalement située entre l’Occident et la Chine ; d’autre part, il détient en grande partie les clefs de l’approvisionnement énergétique de l’Europe occidentale, à la fois par l’exportation de sa production et par la possibilité de bloquer le ­­détroit d’Ormuz.

 

Esprit de résistance face aux conspirations étrangères

 

Pendant un millénaire, l’Iran a été soumis à des invasions. Marqués par cette histoire, les Iraniens considèrent que l’esprit de résistance face à une agression constitue la suprême valeur et que leur pays est la victime récurrente de conspirations étrangères. Les événements des dernières décades peuvent renforcer ce sentiment.

 

Après l’épisode de nationalisation du pétrole par Mossadegh, les Américains et les Anglais remettent au pouvoir le Chah Mohammad-Reza Pahlavi ; celui-ci impose des réformes qui, malgré d’incontestables succès, provoquent une certaine opposition. Simultanément, les Etats-Unis instrumentalisent l’Iran pour en faire le gendarme de l’Occident face à la menace soviétique. En 1964, le Chah fait voter une loi permettant aux Américains d’être jugés par les Etats-Unis et non par des tribunaux iraniens. Cette décision heurte profondément les Iraniens ; le principal opposant est l’Ayatollah Roudollah Khomeiny qui se fait connaître à cette occasion ; il est arrêté et exilé en Turquie, puis en Irak ; en 1978, il s’installe en France, d’où il fédère l’opposition iranienne.

 

En 1979, Khomeiny renverse le Chah et instaure une République islamique dont les responsables se déclarent anti-américains et antisionistes. Se produit alors un événement essentiel, la prise d’otages des membres de l’Ambassade des Etats-Unis à Téhéran, au mépris de toutes les règles diplomatiques. Pour les Américains, c’est le signe d‘une rupture irréversible. Pour beaucoup d’Iraniens, c’est le résultat d’une politique qui instrumentalise leur pays pour asseoir la puissance des Etats-Unis.

 

Après la mort de Khomeiny en 1989 et la fin de la guerre Iran-Irak, les présidents Hachemi Rafsandjani puis Mohammad Khatami tentent de renouer des liens avec la communauté internationale, de relancer les investissements et d’ouvrir politiquement le régime, mais ils échouent. Les conservateurs se renforcent progressivement et, en 2004, portent au pouvoir Mahmoud Ahmadinejad, qui relance une politique étrangère hostile à Israël et aux États-Unis ; il est réélu en 2009, de graves soupçons de fraudes suscitant alors des manifestations violemment réprimées.

 

Les ambitions régionales de l’Iran

 

Malgré son repli sur soi, l’Iran veut être reconnu comme une puissance majeure du Moyen-Orient ; il entend aussi que les minorités chiites y soient respectées. Ces objectifs se heurtent à d’autres intérêts, notamment à ceux de l’Arabie Saoudite. Pour comprendre l’ampleur du défi, on peut rappeler qu’à l’est de ce pays le pétrole est exploité dans des régions où les chiites sont majoritaires et plutôt mal traités ; les chiites sont nombreux aussi dans la zone stratégique proche des détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb.

 

L’Iran demeure engagé en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen. Les dépenses importantes liées à ces actions portent préjudice au développement économique et peuvent ainsi nourrir le mécontentement populaire.

 

  • En Irak, la prise de pouvoir par les chiites majoritaires a permis aux Iraniens d’étendre leur influence après l’écrasement de Saddam Hussein.

 

  • En Syrie, l’Iran veut empêcher que le pays ne soit dominé par des extrémistes sunnites qui menaceraient son territoire, ainsi que les communautés chiites de la région ; il cherche aussi à conserver l’accès aux frontières sud du pays pour maintenir ses relations avec le Hezbollah; il ne voit pas d’autre solution que d’appuyer le régime de Bachar el-Assad.

 

  • Le Liban offre à l’Iran un débouché vers Beyrouth ; il faut souligner l’ambiguïté du rôle du Hezbollah: acteur déterminant de la stabilité nationale au Liban, il est ailleurs un bras armé de l’Iran dans un contexte général de guerre asymétrique, facilement assimilable au terrorisme.

 

  • Au Yémen, l’Arabie Saoudite intervient en 2009 contre la rébellion des Houthis, mouvement activiste chiite soutenu par l’Iran. Elle constitue en 2015 une coalition d’une dizaine de pays arabes et sunnites, avec le soutien des Etats-Unis en matière de renseignement et de blocus maritime. Peu efficaces militairement, les opérations menées par cette coalition, jalonnées de bombardements d’écoles et d’hôpitaux, conduisent à une crise humanitaire d’une extrême gravité, dénoncée à la fois par l’ONU et par les ONG.

 

Dans l’axe géopolitique Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth, qualifié d’arc chiite, certains dirigeants voient une volonté iranienne d’hégémonie justifiant la constitution d’un arc sunnite défensif Riyad-Doha-Le Caire-Ankara allié aux Occidentaux.

 

La question nucléaire

 

L’Iran entame son programme nucléaire pendant les années 1950 en partenariat avec les États-Unis. Mais, en 1979, il doit se tourner vers des nouveaux fournisseurs. L’existence d’installations d’enrichissement d’uranium, divulguées en 2002 (Natanz) et 2009 (Fordow), constituent des manquements aux obligations de l’Iran en tant que signataire du Traité de non-prolifération (TNP). En 2010, la résolution 1929 du Conseil de sécurité établit un régime de sanctions, mais l’Iran poursuit ses activités nucléaires. En 2012, l’Europe impose de nouvelles sanctions, notamment un embargo pétrolier, qui pèsent lourdement sur l’économie du pays.

 

Hassan Rohani est élu en 2013 à la présidence de la République, via la promesse d’un accord sur le nucléaire et d’une levée des sanctions internationales ; c’est la victoire des modérés. Les négociations sur le nucléaire sont relancées et aboutissent en juillet 2015 aux accords de Vienne dits Joint Comprehensive Plan of Action [JCPOA]). L’Iran entre alors dans une phase d’optimisme en attendant la levée des sanctions. Il y a une reprise des relations commerciales avec l’Union européenne, notamment pour les exportations de pétrole. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirme que l’Iran respecte ses engagements.

 

Mais les Etats-Unis estiment que l’Iran contrevient à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, laquelle entérine le JCPOA et ajoute une exigence qui n’y figure pas : il est interdit à l’Iran, pendant huit ans, de mener quelque activité liée à des missiles balistiques conçus pour emporter des armes nucléaires. L’Iran objecte que cette restriction ne lui est pas applicable puisque, signataire du JCPOA, il n’a pas l’intention de développer une arme nucléaire. Mais Donald Trump durcit à l’extrême l’attitude des Etats-Unis, ruinant les espoirs iraniens et paralysant les investisseurs. Berlin, Londres et Paris soulignent l’importance du JCPOA et leur attachement à cet accord, tout en partageant les inquiétudes des Etats-Unis sur le programme balistique et l’interventionnisme régional de l’Iran.

 

Les relations avec Israël

 

Israël s’oppose radicalement à toute ambition iranienne de se doter de l’arme nucléaire, bien qu’il ait été le premier État de la région à acquérir cette capacité. Il se dit convaincu que l’Iran ambitionne de le détruire. Certes, en contexte de guerre des mots, une telle intention figurait plus ou moins dans des discours d’Ahmadinejad ou de ses proches, mais il ne semble pas qu’elle ait été réitérée. Aujourd’hui, Israël s’inquiète de l’emprise de l’Iran sur la Syrie ; il ne peut accepter qu’après la fin des combats les Pasdaran et le Hezbollah s’installent durablement dans la partie syrienne du Golan, près de sa frontière. Quant à l’Iran, il considère que l’armement israélien constitue une menace et nécessite une dissuasion ; il admet mal qu’on l’empêche de suivre une voie comparable à celle d’Israël au seul motif qu’il a signé le TNP.

 

Pourtant, dans l’Antiquité, les Juifs et les Perses étaient alliés. Le roi de Perse Cyrus a libéré les Juifs de leur déportation à Babylone ; c’est sous la domination politique des Perses que le Temple de Jérusalem a été reconstruit et que, vraisemblablement, la Bible hébraïque a été composée. A l’époque moderne, jusqu’en 1979, les relations israélo-iraniennes sont bonnes. Pour David Ben Gourion, une alliance avec l’Iran crée l’image d’un Moyen-Orient multireligieux et multiethnique, et permet d’endiguer les menaces sécuritaires des pays arabes. Mais, depuis l’instauration de la République Islamique et la nomination de Benyamin Netanyahou au poste de Premier ministre, les provocations se multiplient de part et d’autre.

 

Sanctions occidentales et diktat économique des Etats-Unis

 

La politique des sanctions menée par l’Occident depuis 2010 a des conséquences très graves. Non seulement un peuple soumis à des sanctions se replie sur soi et nourrit sa rancœur, mais, sur le terrain, ce sont les personnes défavorisées qui souffrent le plus des privations ; à l’inverse, des groupes et des individus peu scrupuleux trouvent l’opportunité d’en tirer profit : la corruption et le marché noir s‘installent. De plus, de nombreuses entreprises européennes ont été exclues du marché iranien et remplacées par des chinoises ; il leur sera difficile d’y revenir.

 

La principale difficulté que rencontrent les entreprises occidentales désireuses d’investir en Iran, c’est la réticence des grandes banques internationales à travailler avec ce pays, par crainte des mesures punitives de Washington. L’importance de l’amende infligée à BNP-Paribas (8,9 milliards de dollars !) fait comprendre la gravité de cette menace. De plus, les USA utilisent les données du système Swift pour faire condamner des banques européennes par leurs propres tribunaux en fonction de leurs propres lois, alors que le Parlement européen avait mis ces données à la disposition des services états-uniens dans le but de faciliter la lutte contre le financement du terrorisme. Il est étonnant que ce comportement inamical suscite si peu de réactions dans nos médias et notre opinion publique.

 

On peut certes concevoir des solutions spécifiques, mais ce ne sont que des expédients. Le problème vient du fait qu’aujourd’hui le dollar s’impose comme monnaie dans une grande partie des transactions internationales. Or le seul fait que des paiements soient effectués en dollars permet à la justice des Etats-Unis d’intervenir en fonction de lois et de critères spécifiques à son pays. Aujourd’hui, la montée en puissance de la Chine et ses besoins d’approvisionnement en énergie conduiront inéluctablement à la fin d’un système monétaire exclusivement fondé sur le dollar. L’Union européenne doit profiter de cet inévitable changement de paradigme pour réparer ses négligences passées et imposer enfin l’Euro comme monnaie de référence dans le système international.

 

Le poids des Pasdaran ; l’antagonisme entre réformateurs et conservateurs

 

Les relations avec l’Iran, qu’elles soient diplomatiques ou commerciales, doivent prendre en compte l’antagonisme profond entre réformateurs et conservateurs. Ceci nous impose de faire allusion à l’organisation politique du pays. La Constitution iranienne a instauré un régime fondé sur une double légitimité :

 

  • la jurisprudence islamique :  le Guide Suprême, nommé à vie par l’Assemblée des experts, a le dernier mot sur les affaires de l’Etat ;

 

  • le suffrage universel : le Président de la République dirige le gouvernement ; il exerce son contrôle sur l’économie et la diplomatie ; il signe les accords et les traités internationaux.

 

Le corps des Pasdaran (Gardiens de la révolution islamique), créé en 1979, est placé sous l’autorité du Guide suprême. Organisation paramilitaire forte de 130 000 membres et de plus de 10 millions de volontaires mobilisables (les Bassidji), les Pasdaran constituent la force idéologique et le bras armé du pouvoir religieux. Ils disposent de la force stratégique et des missiles. Leur unité spécialisée dans les opérations extérieures (force al-Qods) constitue le principal outil du régime pour intervenir dans les autres pays du Moyen-Orient.

 

A l’origine, les Pasdaran représentent les combattants valeureux de la guerre imposée par l’Irak, mais ils ne cessent de diversifier leurs missions et d’accroitre leur pouvoir économique et social ; ils sont à la tête d’un immense empire industriel et commercial. Ils continuent à prôner le maintien d’une économie de guerre, exploitant l’obsession des conspirations étrangères. En réalité, leur opposition aux réformes est souvent motivée par la crainte de perdre des avantages financiers qui, parfois, sont liés au marché noir ou à la corruption.

 

Il convient de souligner aussi l’importance des fondations (bonyads) qui, plus ou moins directement, contrôlent des pans entiers de l’économie. Ainsi, Astan-e Qods, qui gère à Machhad le mausolée de l’imam Reza, est, après l’État, le plus grand acteur financier du pays ; c’est le premier propriétaire foncier mondial et celui qui possède le plus grand territoire urbain. Les bonyads entretiennent avec les Pasdaran des relations fortes et complexes. Mais, pour l’essentiel, ces entités dépendent du Guide suprême.

 

Les relations entre le Président et les Pasdaran traduisent le clivage entre réformateurs et conservateurs, qu’il faut se garder d’assimiler au clivage entre laïcs et clercs. Tout en évitant les affrontements directs, Rohani dénonce la mainmise excessive des Pasdaran sur l’économie iranienne et cherche à réduire l’influence des bonyads ; considérant la corruption comme une menace contre la sécurité nationale, il s’engage dans des réformes visant à développer la transparence. Les résultats des élections au Parlement confirment le soutien populaire à cette politique.

 

Que peuvent faire l’Union européenne et la France ?

 

Il ne faut pas sous-estimer la gravité de la situation actuelle.

 

  • Les Etats-Unis accroissent les tensions, en inscrivant les Pasdaran sur la liste des groupes terroristes. D’autre part, l’Iran accepte de moins en moins la surveillance qu’ils exercent ; les manœuvres navales américaines dans le Golfe sont perçues comme des provocations auxquelles l’Iran répond par d’autres provocations, par exemple en narguant les gros bâtiments par des vedettes rapides ou par des drones.

 

  • L’évolution de la situation en Syrie attise les craintes d’Israël quant à la présence des Pasdaran ou du Hezbollah à proximité de sa frontière.

 

  • Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (MbS), tout en franchissant de nouvelles étapes dans la guerre des mots, intensifie la violence des actions menées au Yémen.

 

Commençons, dans ce contexte, à souligner ce qu’il faut éviter :

 

  • Les dirigeants occidentaux doivent s‘abstenir de toute intervention militaire au Moyen-Orient ou dans les pays voisins sans avoir examiné avec la plus extrême attention comment seront remplacés les leaders ou les régimes qu’ils cherchent à destituer. En éliminant les dictateurs Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, les USA et la France ont considérablement aggravé les conditions de vie des populations et la situation géopolitique générale ; ces exemples doivent être médités.

 

  • La mise en place de nouvelles sanctions contre l’Iran accroîtrait les effets néfastes déjà soulignés ; elle pousserait ce pays à se tourner davantage vers la Chine et la Russie et, si l’Union européenne restait trop soudée aux États-Unis, la rupture avec l’Occident pourrait être irréversible.

 

  • Plus généralement, le maintien d’une politique fortement hostile à l’Iran ne ferait que renforcer les conservateurs extrémistes et pousser la République islamique à développer ses capacités de nuisance. L’escalade dans les provocations entre, d’une part, l’Iran aux côtés de la Syrie et du Hezbollah et, d’autre part, l’alliance entre Netanyahou, MbS et Trump, pourrait alors déclencher un conflit général.

 

L’Union européenne et en particulier la France doivent trouver des solutions innovantes :

 

  • pour aider l’Iran à se positionner en tant que puissance régionale sans heurter frontalement les États arabes voisins et sans que le régime iranien appelle à la destruction d’Israël ;

 

  • pour travailler, avec tous les pays impliqués, à la stabilisation du Moyen-Orient, en ne laissant pas à la Russie l’exclusivité du jeu des alliances ;

 

  • pour combattre le manque d’objectivité de l’Occident ; alors que les Saoudiens sont considérés comme des alliés dans la lutte contre l’extrémisme islamiste, il est absurde que l’Iran reste diabolisé, compte tenu notamment du rôle majeur qu’il a joué dans le combat contre l’Etat islamique ;

 

  • pour tisser des liens, notamment économiques, qui éviteront à l’Iran la tentation d’agir à l’encontre de la légalité internationale et de la stabilité régionale.

 

Ce serait pour elles l’opportunité de faire un retour au Moyen Orient où leur poids ne cesse de décliner.

 

La France pourrait rééquilibrer sa politique étrangère, en l’orientant à la fois vers les principaux pays sunnites (Arabie Saoudite, Qatar, EAU), avec lesquels les relations commerciales récentes ont été assez ternes, et vers l’Iran. Mais il faut d’autant moins sous-estimer la difficulté d’un tel rééquilibrage que l’Arabie Saoudite et le Qatar ont massivement investi dans de nombreux secteurs de notre économie ; quant aux EAU, qui abritent des bases militaires françaises, nous avons avec eux des liens très forts, comme en témoigne le Louvre d’Abu Dhabi. Notre stratégie diplomatique doit donc s’inscrire dans le long terme et viser à faire comprendre à toutes les parties prenantes que la stratégie de la tension conduit, au mieux, à une impasse et, au pire, à un embrasement général du Moyen-Orient. La cohabitation pacifique est possible ; elle serait fructueuse pour tous.

 

En conclusion…

 

Compte tenu de la pauvreté, du chômage, des difficultés des entreprises et de l’exode massif des jeunes diplômés, Rohani et la société civile s’accordent pour donner la première priorité à la reconstruction économique de leur pays. Ils partagent cependant une réelle volonté de faire progresser les valeurs démocratiques, domaine dans lequel certains indices sont encourageants. Citons un exemple symbolique : Ali Khamenei, Guide Suprême depuis la mort de Khomeiny, incontestablement reconnu comme conservateur, a commenté les résultats des dernières élections présidentielles en célébrant une victoire du peuple iranien ; quelle évolution en moins de trente ans !

 

Mais, à l’extrémité conservatrice du spectre politique iranien, figurent des personnalités inquiétantes. Tel est le cas d’Ebrahim Raïssi, qui préside la fondation Astan-e Qods ; il a un lourd passé de répression sanglante ; en 1988, il a été impliqué dans un massacre au cours duquel 33 700 prisonniers ont été exécutés en moins de deux mois. Khomeiny avait décidé d’éliminer tous les détenus membres des Moudjahidines du peuple d’Iran qui étaient restés fidèles à leurs convictions (même s’ils avaient purgé leur peine). L’application de ce critère était confiée à une commission de la mort dont Raïssi était procureur adjoint. Concurrent de Rohani aux dernières élections présidentielle, il était considéré comme un possible successeur de Khamenei à la fonction de Guide Suprême !

 

Le potentiel d’évolution de l’Iran est considérable. Les jeunes générations, très éduquées, aspirent à un changement profond. D’autre part, on ne peut qu’être impressionné par la montée en puissance politique et économique des femmes, qui représentent 60 % des étudiants à l’université et qui, au Parlement, sont déjà plus nombreuses que les clercs. Ces forces considérables seront-elles des partenaires ou des adversaires de l’Occident ? De l’attitude des pays de l’Union européenne au cours des prochaine années dépend largement la réponse à cette question.

 

Claude  Liévens

 

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